Homélie du 17 février 2019 par le père Bernard – 6ème dimanche du temps ordinaire

Les lectures de ce dimanche nous projettent vers l’avenir de chacun, chacune, vers l’horizon de notre vie, la vie après la mort.

C’est un pilier de notre foi : la vie ne s’arrête pas avec la mort sur terre. Elle se poursuit dans la vie avec Dieu. Une certitude affirmée chaque fois que nous proclamons notre foi chrétienne : je crois à la résurrection des morts.

C’est en même temps l’un des mystères de notre foi. En effet, personne n’est revenu témoigner de cette vie après la mort. St Paul nous dit, avec force : la seule preuve que nous avons, c’est la résurrection de Jésus. Il est le seul de notre humanité dont nous avons les signes de sa résurrection. Si Jésus n’est pas ressuscité, dit-il, notre foi est sans valeur et ceux qui sont morts sont perdus. Mais, nous le savons, Jésus est le premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.

Cette dimension de notre foi est importante car elle donne sens à toute la vie.

Quand nous sommes en face de la mort d’un proche, de quelqu’un qui compte pour nous, il y a souvent une attente profonde : ce que nous avons vécu ensemble ne peut pas s’arrêter là, avec la séparation. Et il y a aussi l’espérance vitale que nous allons ressusciter et que nous nous retrouverons, dans une vie avec Dieu. Cette espérance donne sens à toute notre vie : ce que nous construisons par toute notre vie, nos relations, la participation pour un monde plus juste et fraternel, tout cela trouvera son épanouissement avec la résurrection de tous.

Croire et espérer la résurrection n’est pas seulement une idée, une consolation, c’est une raison de vivre et une raison d’aimer.

Cette certitude de la foi nous appelle à mettre notre confiance dans le Seigneur.

Le prophète Jérémie invite à cette attitude de la foi. Celui qui s’appuie sur un mortel tandis qu’il se détourne du Seigneur sera comme un buisson sur une terre désolée. Mais celui dont le Seigneur est la confiance sera comme un arbre au bord de l’eau qui grandit et porte du fruit.

St Paul va encore plus loin dans son message : si nous mettons notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre des hommes.

Jésus lui-même reprend le style des prophètes qui, pour stimuler les croyants, mêlaient les encouragements et les reproches. Il affirme : quel malheur pour vous les riches, vous avez votre consolation ! Il nous dit : ne vous arrêtez pas à la vie présente ; tout ce que vous vivez prépare une autre vie, la vie avec Dieu.

Parfois, dans l’histoire, ceux qui voulaient la paix sociale, ont utilisé ces propos en disant : si vous êtes malheureux sur terre, consolez-vous, vous serrez heureux au ciel.

C’est sans doute le contraire à quoi nous invite Jésus. L’horizon de la vie est au-delà de la vie actuelle. Ce que nous vivons se poursuivra après la résurrection, sous une autre forme.

Nous pressentons et nous espérons cela quand nous pensons à ceux qui nous ont quittés. Ce que nous avons vécu et aimé avec eux ne peut s’arrêter le jour de la mort.

Que cette bonne nouvelle nourrisse notre espérance et nous donne le désir d’une vie bien pleine. Nous sommes en chemin vers la rencontre de Dieu : il nous attend, il nous ressuscitera, comme Jésus le Christ et à sa suite !